L’Institut National d’Hygiène (INH) a bouclé ses 50 ans d’existence en 2017 (1967-2017). A cette occasion, il a organisé 12 au 23 juin 2018 des Journées Portes Ouvertes (JPO). L’objectif visé est de faire connaître davantage au public les prestations de l’INH à travers diverses activités : sensibilisation sur des thèmes de santé publique, visites des locaux et présentations des services rendus, séances dépistage gratuit

de la drépanocytose à Lomé aux jeunes de 14 a 30 ans et de l’hépatite B à Sotouboua pour les jeunes scolaires de la même tranche d’âge du 18 au 23 juin.  Cette célébration est placée sous le thème « le rôle de l’institut national d’hygiène dans la santé publique au Togo ».

Lancement officiel des JPO

La cérémonie de lancement de ces JPO s’est déroulée le mardi 12 juin à l’Auditorium de l’institut en présence des représentants de plusieurs services de santé et institutions partenaires. C’est le Prof Ahoéfa Vovor, Directrice Générale des Etudes, de la Planification et de l’Information Sanitaire,  qui a procédé au lancement officiel des activités au nom du Ministre de la santé et de la protection sociale. Dans son discours, le Prof Vovor a précisé que les services de diagnostic biologique et les centres d’analyses et d’explorations fonctionnelles constituent un maillon important des systèmes de santé. « L’INH est un laboratoire central de santé publique, désigné en 2003 comme établissement public spécialisé à caractère médico-technique placé sous la tutelle du ministère de la santé et de la protection sociale. Le gouvernement à travers le Ministère de la santé et de la protection sociale se félicite des efforts que le personnel de l’INH déploie quotidiennement dans le but de satisfaire sa clientèle dans un environnement où le management de la qualité et la satisfaction des clients et patients sont le maître-mots  », a-t-elle affirmé.

 Le Directeur adjoint de l’INH, Dr. Kossi Badziklou qui intervenait au nom de la Directrice de l’INH, a dans son allocution de bienvenue,  dressé le parcours de ce centre en quatre (4) grandes étapes : l’INH allemand, la renaissance de l’INH a partir des années 2000, les épreuves et la situation actuelle de l’institut. En effet, «il y a un fait mondial à retenir, c’est a l’INH que les essais cliniques de du mectizan (ivermectine) un microfillaricide d’Onchocerca volvulus a été effectué dans les années 1975 », a rappelé Dr. Badziklou, qui a saisi l’opportunité de ce jubilé d’or pour rendre un hommage mérité aux premiers responsables de l’INH, témoigner sa gratitude aux autorités sanitaires et remercier vivement les partenaires et l’ensemble du personnel dont les engagements ont permis à l’INH « de tenir dans les périodes difficiles (1980 à 2000) et de  connaître les succès actuels ».

 

A la suite de la cérémonie d’ouverture, le public a suivi des panels  sur l’intérêt du dépistage des anomalies de l’hémoglobine et sur le rôle du laboratoire dans la sécurité sanitaire des aliments.  Ces panels se sont poursuivis les jours suivants et ont porté sur des thèmes entre autres : importance des vaccinations, cas des vaccins contre l’hépatite B et la méningite ; l’apport de l’INH dans les Ripostes aux Epidémies.

 Une visite des laboratoires de l’INH enrichie par des explications des responsables de laboratoires sur le fonctionnement des labos, les techniques et manipulations des prélèvements, les équipements et les contraintes de délai de rendus des résultats, a bouclé les activités du premier jour de lancement des activités.  

 Les séances de dépistage gratuit

A Lomé, les jeunes âges de  14 à 30 ans ont bénéficié gratuitement des dépistages de la drépanocytose.  Ils étaient nombreux à faire le déplacement de l’INH pendant les deux jours (mercredi 13 et jeudi 14 juin) réservés à ces séances. Selon les organisateurs, les prévisions de 200 jeunes qui devraient être touchés à Lomé ont été largement dépassées.

Pour le médecin commandant Wembo Halatoko, Chef Laboratoire de biochimie à l’INH, qui a co-piloté ces séances de dépistage avec Dr. Yao Layibo, Chef Laboratoire de l’Hématologie, le but de cette campagne (pour l’INH en tant que  laboratoire national de santé publique) est de contribuer à la lutte contre la drépanocytose qui est l’une des maladies héréditaires les plus répandues en Afrique. 

La deuxième phase de ces dépistages a lieu à Sotouboua du 18 au 23 juin à l’intention des jeunes scolaires 14 à 30 ans  et portera sur l’hépatite B. Près de 450 jeunes seront dépistés contre cette maladie, dont la prévalence reste élevée dans cette localité du pays.

 

Bref aperçu de l’INH : Historique

L’Institut National d’Hygiène est une institution de santé publique. Un des fruits de la coopération germano-togolaise, l’INH est  créé en  1967  sous la dénomination de l’Institut ERNEST RODENWALDT.  Près de dix (10) ans après sa création et sa cogestion par des biologistes allemands et togolais, l’INH a été remis à l’Etat togolais sous la tutelle du Ministère en charge de la santé comme Laboratoire Central de Santé Publique.  En 1998, l’INH a été désigné comme « Laboratoire National de Référence pour les Maladies à Potentiel Epidémique » (MPE) et 2002, il est reconnu « Laboratoire de référence pour le Contrôle microbiologique des produits halieutiques et carnés ». En 2003, l’INH acquiert le statut d’établissement public spécialisé à caractère médico-technique avec autonomie de gestion financière.

Revigoré par la mise en place d’un système de management de la qualité, l’institut obtient en 2012, une accréditation ISO 17025 pour l’analyse microbiologique des aliments. Un an plus tard, c'est-à-dire en 2013, l’INH obtient une autre accréditation ISO 15189 pour la biologie médicale.  

 

·        Mission, objectifs  et services rendus

 L’IINH a pour objectifs de : garantir un meilleur accès à des examens de laboratoires de qualité ; contribuer au contrôle de la qualité hygiénique et sanitaire des produits alimentaires ; contribuer à la surveillance des maladies à potentiel épidémique ;  contribuer à la prévention des maladies évitables par la vaccination. Sa mission est d’offrir des prestations qui respectent les normes qualités et satisfaire les clients par une réponse adéquate à leurs besoins.

L’INH a pour principale activité : la surveillance biologique des maladies à potentiel épidémique ; le contrôle de qualité de l’eau et des aliments ; la vaccination hors Programme Elargi de vaccination (PEV), l’encadrement des stagiaires, mais aussi et surtout les analyses médicales dans six (6) départements de la biologie médicale à savoir : biochimie, hématologie, sérologie, parasitologie, bactériologie et biologie moléculaire.

 Dans le cadre de ses activités de biologie médicale, l’INH analyse divers prélèvements tels que sang, urines, selles, écoulements génitaux, pus, peau. Les demandes de prestation de services dans ce sens viennent des CMS, des CHU, des hôpitaux confessionnels et des cliniques privées.  Afin de rapprocher les services de laboratoire des patients, l’INH a mis en place depuis 2002 un système de collecte de prélèvements dans les centres médicaux-sociaux de Lomé.

L’INH est le laboratoire de référence pour la confirmation biologique des maladies à potentiel épidémique notamment fièvre jaune, rougeole, rubéole, choléra, méningites bactériennes, grippes, fièvres hémorragiques et de certaines maladies tropicales négligées telles que l’ulcère de Buruli, l’onchocercose, la lèpre, etc. C’est un service qui participe à la mise en œuvre du Règlement sanitaire international (RSI) à travers les contrôles sanitaires aux frontières et l’homologation des vaccins pour les voyageurs. 

En tant qu’institution de santé publique l’INH réalise aussi des activités de sensibilisation de sa clientèle à travers des séances d’Information Education et Communication (IEC) hebdomadaires et des rencontres périodiques avec les prescripteurs d’analyses.

Il collabore avec de nombreuses institutions nationales et régionales mais aussi avec des partenaires internationaux.